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Message(#) Sujet: Emakko Severnaya Sam 21 Sep - 12:25

SEVERNAYA  EKATERINA
IDENTITÉ

White – création personnelle d’un inconnu
Nom :  Severnaya
Prénom : Ekaterina ‘’Emakko’’
Age : 22 ans
Sexe : Féminin

INFORMATIONS IMPORTANTES

Groupe : Arche (civile média, officiellement affiliée à la section technique de l’Arche)
Métier ou fonction : Journaliste/Reporter
Origine : Terrienne
Nationalité :  Russe


CARACTÈRE
Avant de détailler la personnalité de Emakko, il faut tout d’abord déterminer de quelle Emakko nous parlons. En effet, La jeune femme possède deux personnalités qui, bien que similaires dans les grandes lignes, n’en demeure pas moins bien distinctes sur la forme : il y a la jeune femme, la citoyenne, mais il y a aussi le reporter, la professionnelle des médias. Pour certains, cette curieuse dualité identitaire se rapproche d’une certaine forme de double personnalité inconsciente. Mais si vous lui posez la question de but en blanc, la principale intéressée vous répondra tout simplement qu’il y a un temps pour chaque chose… Une réponse toute aussi énigmatique, que celle qui vous l’aura donné.

Emakko, la (toute) jeune femme, est une personne plutôt sympathique au demeurant. En dépit d’une apparence assez sombre et rébarbative, elle est d’un naturel très joyeux et, parfois même, encore assez joueuse en dépit du fait qu’elle est désormais une adulte à part entière. Sa curiosité enfantine n’a été en rien entamé par ce passage inévitable vers l’âge des grandes responsabilités et il n’est pas rare de la voir taquiner gentiment ceux qu’elle appelle malicieusement les anciens… A savoir, toutes les personnes de plus de vingt-cinq ans. Mais si Emakko s’amuse volontiers de ce côté de sa personnalité, elle n’en possède pas moins une certaine maturité qui tranche radicalement avec sa facette psychologique juvénile, car la demoiselle n’en est pas arrivée là ou elle en est aujourd’hui en se comportant comme une jeune écervelée. Derrière ce faciès d’adolescente, se dissimule en réalité une femme forte. On la dit parfois têtue ou bien encore obstinée, mais elle préfère se considérer comme étant plutôt persévérante. Son courage et son intelligence lui on permis de se hisser là ou elle est actuellement, en dépit de son jeune âge et, bien que prête à jouer des poings si la situation l’exige, Emakko est foncièrement quelqu’un de doux et de gentil, qui dissimule un penchant inavoué pour la protection des plus faibles. Cela étant dit, elle n’est pas toujours facile à vivre, ni même à suivre. Active, bien souvent incapable de rester sur place plus de deux minutes, elle fatigue les gens plus rapidement qu’elle ne se fatigue elle-même. Même si elle ne l’avouera jamais, ou alors avec force mauvaise grâce, Emakko possède quelques désagréables défauts derrière son visage encore légèrement poupon. Tout d’abord, sa profonde soif de liberté et d’indépendance, la rend difficilement docile face à l’autorité. Bien qu’elle s’y plie lorsqu’elle sait ne pas pouvoir faire autrement, c’est souvent en affichant une moue désapprobatrice qui témoigne très clairement de son acceptation forcée de la chose et elle n’hésitera pas à profiter de la moindre occasion qui se présenterait à elle, afin de contourner l’ordre donné si celui-ci va à l’encontre de son propre désir. A ses yeux, ce n’est pas de la désobéissance, c’est simplement une habile exploitation d’une opportunité, créée par l’imperfection de la sémantique humaine. Quand elle est de fort mauvaise humeur, elle peut également faire preuve d’une terrible mauvaise foi, ainsi que d’un comportement des plus désagréable : dédain, paroles cruelles ou bien encore incisives… Semblable au ying et au yang, sa profonde gentillesse est l’opposée de sa froideur parfois bien assassine.

En mode reporter Emakko semble revêtir une autre personnalité, légèrement différente de celle qui est la sienne habituellement. Fini la femme enfant à la nature taquine et joueuse, au caractère prévenant et affable. place à la professionnelle des médias prête à tout pour obtenir ‘’le’’ scoop dont rêve tous les journalistes. Dans son travail, la jeune femme est ce que l’on pourrait appeler un véritable requin, un monstre aux dents longues, qui rayent jusqu’à l’acier le plus solide qui puisse exister sur Terre. En un mot comme en cent, Emakko est (presque) prête à tout pour réussir un reportage, quelles que soient les difficultés qui se présentent à elle. Ne faisant guère d’efforts afin de dissimuler son ambition, elle ne recule devant aucune situation, aussi délicate soit-elle. N’hésitant jamais à se porter volontaire pour aller au bout du monde et à faire face au danger, quelque soit son degrés, elle à ainsi construit sa toute jeune carrière de reporter en acceptant les reportages dangereux que d’autres refusent, n’hésitant jamais un seul instant à risquer sa propre vie afin de ramener l’information. La plupart de ses collègues plus âgés la disent extrêmement imprudente et promise à une belle mais aussi très brève carrière si elle continue dans cette voie, ce que l’intéressée à parfois tendance à considérer comme une certaine forme de jalousie inavouée. En effet, si Emakko est encore très jeune, elle est aussi libre de toute contrainte sociale : célibataire, pas d’enfants, aucune famille… Contrairement à la plupart de ses collègues, elle n’a rien qui puissent la retenir de prendre les risques nécessaires afin d’aller au plus profond du cœur de l’action. Ceci est, selon son point de vue, un avantage. Mais son jeune âge n’est pas qu’un désavantage, au contraire. Bien souvent, il tend à se confondre avec une certaine forme d’innocence, qui fait que la plupart du temps on la sous estime dangereusement. Cette caractéristique, bien utile, lui permet parfois de s’affranchir de certaines difficultés et défiances qui sont souvent le propre des reportages sur le terrain, car les médias ne sont pas toujours les bienvenues.

Néanmoins, Emakko n’est pas non plus sans scrupules en dépit de ce que pourrait laisser à penser sa manière de travailler. Elle à une profonde éthique professionnelle, qui lui sert de garde fou, afin de ne pas devenir une vulgaire voleuse de scoop. Ses quelques succès, elle ne les doit qu’à son seul et unique travail et certainement pas à une quelconque tromperie ou manipulation visant à spolier ses collègues de leurs efforts journalistiques. Mais quel que soit le sujet, joyeux ou triste, propre ou sale, douloureux ou non, dangereux ou pas,, Emakko accepte tous les reportages sans faire la moindre distinction car, selon elle, l’information doit être livré au public sans tenir compte du moindre état d’âme éventuel.
PHYSIQUE
De prime abord, Emakko n’est guère impressionnante visuellement parlant. Elle mesure entre un mètre soixante et un mètre soixante-cinq et son physique d’adolescente peinant laborieusement à devenir adulte, lui donne une image de petite poupée toute mignonne que l’on aurait presque envie de prendre dans ses bras protecteurs… Ou, selon certains, celle d’une ténébreuse petite fée qui est aussi attirante que légèrement inquiétante sur les bords.

Ces deux images, à première vue incompatibles, résultent en réalité de ce qu’elle est réellement et de ce qu’elle donne l’impression d’être. Sa taille et son physique adolescent sont naturels, à contrario de cet aspect sombre et parfois dérangeant. Ces deux aspects physiques ont toutefois des points communs : Sa taille tout d’abord, puis un visage agréablement rond qui procure un sentiment de douceur tendre. Ses yeux, joliment étirés, brillent d’un éclat alliant intelligence et vie, le tout saupoudré d’un indéniable soupçon de curiosité. Les fins sourcils soignés qui les surplombent soulignent encore un peu plus une certaine forme de candeur, tandis qu’un petit nez droit et finalement pas aussi effilé que cela, lui partagent le visage de façon assez élégante. Concernant sa bouche, elle est aussi étroite qu’elle est charnue. Si Emakko n’avait pas une apparence aussi juvénile, on pourrait même dire qu’elles sont pulpeuses. Quand à ses cheveux, lisses et aussi long qu’un bras, ils sont d’un magnifique noir de jais aussi sombre qu’une nuit sans lune. Son corps est à l’image de son visage, à savoir adolescent de stature, avec néanmoins des attributs féminins qui permettent de ne pas la confondre entièrement avec l’impression qu’elle dégage généralement. Ses hanches sont joliment dessinés et lui offrent une taille des plus élégantes, tandis que sa poitrine, sans être proéminente, n’en reste pas moins des plus attrayante aux regards curieux.

Un fois les points communs aux deux images éliminés, voyons maintenant les éléments dissemblables en fonction de chacune d’entres elles : A l’origine, Emakko a des magnifiques yeux d’un noirs perçant. Mais peu de gens le savent, car elle porte quotidiennement des lentilles de contact parsemés de minuscules paillettes légèrement scintillantes en fonction de la luminosité, elles-mêmes reposant sur un arrière-plan superficiellement doré et recouvert d’une couche qui l’assombrit très légèrement afin de faire ressortir l’éclat des paillettes le recouvrant. Cela lui donne un regard qui, selon les gens, est soit hypnotisant, soit dérangeant, c’est en fonction de tout un chacun en vérité. Ce dernier point est généralement lié au maquillage dont Emakko entoure généreusement son regard. Créant des véritables auréoles de ténèbres cernant au plus près chacun de ses yeux, ils semblent couler délicatement le long de ses joues et notamment sur celle de la partie gauche de son visage. A contrario, ses lèvres affichent la plupart du temps un rouges des plus éclatant, même si elle n’a rien contre le fait de parfois les teinter de sombres afin de rester dans un esprit très clairement monochrome. Native de Russie, la pâleur naturelle de sa peau a été augmenté par une petite intervention chirurgicale visant à créer une carence en mélanine médicalement contrôlé, afin de ne pas en subir la contrepartie résultant en une grande sensibilité au soleil. Cette pâleur, proche de l’immaculée, associée à son maquillage peu orthodoxe, lui donne un sympathique petit air de panda qui rend l’ensemble finalement assez agréable dans l’inconscient collectif.

Emakko fait partie du mouvement gothique, ce qui la démarque encore un peu plus de ses collègues de travail. Ses vêtements sont donc intégralement noirs, sans la moindre concession à la couleur. De par son activité professionnelle, elle porte la plupart du temps des vêtements pratique : pantalon, botte, maillot et autres bustiers en tous genres… Parfois, quoi que très rarement, il lui arrive éventuellement de porter des robes ou des jupes, ainsi que des chaussures un peu plus légères, mais toujours en dehors de son travail. Dans le même esprit pratique, Emakko relève généralement sa longue chevelure d’ébène en un pseudo chignon plus ou moins savamment désordonné, avec des longues mèches tombantes ici et là.
HISTOIRE
Toutes les histoires de ce monde, ne commence pas comme un conte de fée…

Connu uniquement sous le prénom de Emakko par la majorité des gens, celle-ci est pourtant née en tant que Ekaterina Severnaya, ce qui est, certes, beaucoup moins exotique, il faut bien l’avouer. De ses parents, son prénom et nom de famille sont tout ce qu’elle a hérité, car ces derniers sont malheureusement aujourd’hui disparu. Son père, un militaire de carrière, a trouvé la mort quelques mois après que son épouse se soit retrouvé enceinte de leur premier et unique enfant, lors d’un affrontement avec un groupe de militants extrémistes. Ces derniers, des opposants farouches et déterminés à l’abandon des souverainetés nationales au profit d’un gouvernement planétaire et à l’expansion de l’espèce humaine dans la galaxie, était à l’origine un simple rassemblement de gens disparates issus des différents courants sociétaux déçus par l’orientation du monde et des sociétés humaines, mais en quelques années seulement ils ont su s’organiser, s’agrandir et se fortifier, afin de devenir une force armée à forte tendance radicale. Rapidement affilié à un mouvement terroriste, ce groupe devenu entité de l’ombre a fini par entrer en conflit avec le gouvernement planétaire et ses affrontements avec les militaires sont malheureusement devenus quelque chose d’assez familiers dans la presse mondiale.

Concernant sa mère, celle-ci s’appelait Nataliya Severnaya, née Gregoff. Toutefois, elle était plus connu du grand public par son nom de plume, Nadoushka Obolenski. En effet, la mère de Ekaterina était elle-même une journaliste mais, à la différence de sa progéniture, elle était loin d’être une débutante parfaitement inconnue de tout un chacun. Nataliya avait opté très tôt dans sa carrière pour un pseudonyme, car la plupart de ses articles, grâce auxquels elle avait acquis sa grande renommée, traitaient bien souvent de sujets aussi dérangeant que fondamentalement dangereux. Cette identité ‘’de presse’’ lui assurait donc un incognito plus que rassurant et, en même temps, permettait à sa famille de ne pas être en danger, car ses articles n’étaient pas vraiment élogieux vis-à-vis de ceux qui en étaient le sujet. Toutefois, cela ne suffit pas à la protéger entièrement, car un beau jour de printemps que Ekaterina n’oubliera sans doute jamais, elle succomba dans l’explosion d’une bombe. Tout s’était passé assez rapidement en réalité : Nataliya était en voiture avec sa fille, afin de conduire celle-ci à l’école. Il était très tôt, guère plus de sept heures et demie et le bruit de la déflagration avait retentit avec une intensité décuplée par le silence qui régnait encore dans le quartier encore endormi.

Ekaterina n’a que peu de souvenirs de cet événement en réalité. Elle n’avait guère plus de quatre ou cinq ans et le traumatisme lié à l’explosion lui fit partiellement perdre le cours des évènements d’alors. Si sa mère est décédée sur le coup, Ekaterina a survécu. Par miracle selon certains, par chance pour d’autres. Quoi qu’il en soit, la fillette qu’elle était alors n’en sortit toutefois pas indemne. Elle du rester plusieurs mois à l’hôpital le corps meurtri et, sans doute, l’âme également, à subir de nombreux soins et nombres opérations cruciales pour son rétablissement physique, Ce qui fut certainement le plus cruel, fut le fait que personne n’osa lui avouer la vérité concernant le décès de sa mère avant qu’elle ne commence à se remettre. Selon le corps médical, apprendre une telle nouvelle dans son état aurait été des plus désastreux pour son rétablissement. Ce fut sans nul doute une décision difficile à prendre, mais ses deux parents étant désormais disparu qui aurait pu prendre une telle décision, si ce n’était ceux qui avaient pour tâche de la soigner ?

Lorsque enfin on lui appris la nouvelle, Ekaterina refusa tout d’abord de l’accepter. C’était impossible, on lui mentait… Sa mère vivrait toujours, comme toutes les mamans… Puis, avec le temps et également une patience accompagnée d’une douceur infinie de la part de son entourage aussi bien hospitalier que proche, l’idée fit doucement mais sûrement, son chemin dans l’esprit enfantin de la fillette. Même si, dans le fond, elle ne la comprenez pas vraiment en réalité. On ne pouvait d’ailleurs lui en tenir rigueur, sachant que même des adultes appréhendaient cette sinistre notion avec une difficulté certaine. Comme bien souvent dans ce genre de cas, on dit alors que Ekaterina oublierait avec le temps… Elle était encore très jeune après tout, le temps panserait très certainement ses blessures émotionnelles tout comme la médecine avait pansé ses blessures physiques.  Peut-être était-ce la vérité… Mais peut-être était-ce aussi simplement le souhait inavoué des adultes, qui préféraient se conforter dans un espoir qui les dégageraient de la responsabilité d’assumer les éventuelles conséquences d’un tel événement d’ici quelques années. Mais cela, seul le temps pourrait le dire en définitif.

Hormis son père et sa mère, la jolie petite poupée russe n’avait plus de famille Ses grands-parents, aussi bien ceux de la branche maternelle que paternelle étaient eux-même décédés et ces derniers n’avaient eu, respectivement, qu’un seul et unique enfant. Manque de chance diraient certains, coup du sort diraient les autres… En réalité, il lui restait de la famille mais celle-ci s’était éparpillé à travers le monde depuis bien longtemps maintenant. Les liens familiaux s’étaient, comme chez bien des lignées anciennes semblable à celle des Severnaya et, dans une moindre mesure, celle des Gregoff., étiolés au fil des générations successives., avec comme résultat des lignées parallèles qui avaient finalement perdu tous contact avec les autres lignées. Si les Gregoff étaient une lignée assez récente, à peine plus de deux ou trois cent ans, et de condition modeste, ce n’était pas le cas de celle des Severnaya. Cette dernière étaient issue de la noblesse russe, dont l’arbre généalogique remontait au moins jusqu’au dix-septième siècle.

Même si l’aristocratie n’avait plus vraiment cours en ce vingt-troisième siècle rempli de promesses, La lignée des Severnaya avait, comme ses semblables, conservé son titre de noblesse. De fait, à la mort de son père la future petite fille encore protégée par l’écrin maternel avait tout naturellement héritée ce dernier, faisant d’elle la comtesse Ekaterina Severnaya. Mais cet état de fait n’était pas vraiment à l’ordre du jour pour la toute jeune demoiselle désormais orpheline, qui, faute de famille susceptible de l’accueillir en son sein, se vit devenir pupille de l’état et placé dans un orphelinat public à Moscou. Les premiers temps dans l’établissement d’état furent assez difficile pour Ekaterina. Très peu habituée à une telle promiscuité et, il fallait bien l’avouer même si cela ne lui plairait sans doute pas de se l’entendre dire, un tout petit peu enfant gâtée, elle fit preuve d’un indéniable esprit réfractaire face aux autres orphelins et, dans une moindre mesure, aux responsables de l’établissement d’accueil. Si ces derniers eurent droit à des problèmes d’autorité, Ekaterina jugeant à juste titre ‘’qu’ils n’étaient pas ses parents’’, ses petits camarades d’infortune subirent plutôt son entêtement et sa nature indépendante, déjà bien affichée en dépit de son jeune âge.

Faire ce qu’elle voulait, quand elle le désirait, sans tenir compte des autres, tel était son credo et tel était également la cause de ses nombreuses disputes avec ses petits camarades et de l’hostilité croissante dont Ekaterina devint rapidement l’objet. En dépit de sa difficulté à s’intégrer dans ce nouveau monde ou l’individualité n’avait définitivement plus sa place et ou l’enfant unique qu’elle était n’avait plus vraiment sa place, Ekaterina commença cependant à trouver, doucement mais sûrement, une place dans cet univers.. Mais assurément pas ‘’sa’’ place car, à aucun moment, elle ne considéra l’orphelinat comme étant sa maison, et les autres orphelins et les responsables de l’établissement, comme étant sa famille, furent-ils de remplacement. Même si sa vie à l’orphelinat n’était pas une longue suite de peines et de malheurs parsemant sa vie d’enfant et que, même si elle ne l’avouerait assurément jamais, fut-ce sous la plus cruelle des tortures, Ekaterina eu des moments heureux au cours de sa vie d’orpheline, elle n’était absolument pas heureuse. De surcroît, elle se refusait à reconnaître le contraire afin de faire bonne figure car, au delà de son obstination, se dissimulait une raison bien plus profonde et bien plus douloureuse : le renoncement à ses véritables parents, qui se voyait accompagné d’un inacceptable sentiment de trahison à l’égard de ces derniers. Mais quelque chose, ou plutôt quelqu’un, allait prendre activement place dans son existence et l’aider à supporter cette tortueuse dualité émotionnelle qui l’assaillait de ses féroces griffes aiguisées…

Viktor Dichenko était un homme intègre. Ardent défenseur de la justice et des libertés individuelles comme de celle des peuples, Il n’hésitait jamais à brandir son bâton de pèlerin et à prendre la tête de toute croisade qu’il considérait comme étant digne d’être défendu. Tout au moins en était-il ainsi dans sa lointaine jeunesse, digne héritier d’un Lancelot Du lac de l’épopée héroïque Arthurienne, même si fondamentalement il n’avait pas vraiment changé. Mais le temps avait passé, doucement mais sûrement et la fougue indomptable de la jeunesse insouciante avait peu à peu cédé la place à la sagesse et à la prudence de la maturité réfléchie. Après avoir effectué une carrière de journaliste plus que brillante, Viktor avait été promu au poste de rédacteur en chef du Glorian, le journal au sein duquel il avait fait l’essentiel de se carrière et qui était le plus grand quotidien du pays. C’est là, qu’il avait accueilli une toute jeune journaliste fraîchement débarquée de sa province natale et qu’il décida de prendre sous son aile après avoir décelé tout le talent, certes encore bien maladroit, dissimulé dans les articles que celle-ci écrivait pour l’organe de presse de sa région d’origine. Tel un père, Viktor se montra alors aussi intransigeant que bienveillant à son égard, la guidant pas à pas dans la brillante carrière dans laquelle la future détentrice du prix Pulitzer  s’engagea… Cette jeune femme, à l’aube de sa grande carrière, se nommait encore à l’époque Nataliya Gregoff.

Si Vitktor n’a pas officiellement adopté Ekaterina, que ce soit pour des raisons personnelles ou bien encore légales, il n’abandonna pas pour autant la fille unique de celle qui fut sa protégée durant de longues années. A l’instar de sa mère, il prit Ekaterina sous son aile bienveillante et, sans être à proprement parler un père pour elle, Il s’en occupa comme l’aurait fait un oncle ou bien encore un parrain autoproclamé. Pour Ekaterina, contrairement à Vitkor, cela ne fut pas un changement extrêmement flagrant. Après tout, elle connaissait cette homme depuis sa naissance et vice versa, faisant de ce dernier une sorte de membre de la famille de façon presque naturelle et inconsciente. Même si ses souvenirs en la matière se révélaient finalement aussi confus que peu nombreux,, Sa mère l’emmenait parfois sur son lieu de travail et dans le secret de son bureau à la porte close, afin de ne pas laisser apparaître officiellement son côté attendrissant, Viktor la prenait sur ses genoux afin de s’amuser tendrement avec elle. Il aimait bien Ekaterina et la réciproque était tout aussi vraie, même si la malicieuse petite chose pouponne semblait parfois plus intéressée par le fait de s’amuser avec le trophée du Pulitzer de sa mère. Pour Vitkor, c’était un signe : Ekaterina deviendrait elle aussi une grande journaliste, à l’image de sa mère. Si Nataliya souriait de cette idée, elle demeurait toutefois dubitative sur le sujet. Certes, voir sa fille unique suivre ses traces la rendrait sans le moindre doute heureuse, mais dans le même temps elle craignait, avec raison pensait-elle, de l’influencer sans le vouloir et de la mener sur une voie professionnelle qui  ne lui conviendrait peut-être pas. Malheureusement pour la jeune maman, elle n’aurait jamais l’occasion de vérifier sis ses doutes étaient fondées ou pas.

Viktor restait donc un lien avec son ancienne vie et, par extension avec sa mère, ce qui aida grandement Ekaterina à s’adapter, avec plus ou moins de succès, à sa nouvelle vie d’orpheline. Si ses relations avec ses condisciples de l’orphelinat demeurèrent toujours tendues en dépit d’une notable amélioration, il en alla différemment dans le cadre de sa scolarité. En effet et outre des résultats plutôt honorables, Ekaterina développa également ce qui sembla être un certain talent pour l’écriture. Celui-ci apparut lors d’un devoir, alors que la fillette n’avait encore que six ou sept ans. Le sujet en était la manière dont les élèves de sa classe se voyait dans le futur et même si son travail n’était pas exempt de nombreuses fautes, aussi bien orthographiques que grammaticales, force était d’avouer que le devoir de Ekaterina  était très nettement à un cran au dessus de celui de tous ses camarades de classe. Là ou ces derniers restèrent dans une vision classique de leur avenir en écrivant naïvement qu’ils seraient marié, qu’ils auraient des enfants, qu’ils seraient pompier, policier, docteur, chanteuse ou bien encore maîtresse ou vétérinaire pour soigner les animaux malheureux, Ekaterina écrivit un véritable pamphlet de plusieurs pages étrangement bien plus réaliste en dépit d’une vision assurément aussi idéaliste que celle des autres élèves de sa classe était naïve. Si les mots étaient certes parfois mal choisi ou bien encore les tournures de phrases un peu obscures, il n’en demeurait pas moins que son devoir était empreint d’un bien curieux réalisme que parcourait une certaine forme de logique sous-jacente.

Pour elle, il n’était pas question de mari ou bien encore d’enfants… Il ne fut évoqué ni belle maison, ni beau jardin rempli de jolies fleurs, ni gentil animal de compagnie à poils ou à plumes, ni même de super maman, alliant avec facilité la vie de mère de famille et de femme active au travail valorisant. Ekaterin concentra la quasi-totalité de son devoir à décrire le fait que, à l’instar de sa mère, elle deviendrait une grande journaliste. Elle expliqua qu’elle finirait l’école puis, par la suite, qu’elle rentrerait dans une école spécial afin d’apprendre le métier de sa mère. Elle poursuivit en disant encore que, par la suite, elle entrerait dans un grand journal et qu’elle commencerait au bas de l’échelle avant d’en gravir les échelons au fil des années afin de devenir enfin une célèbre journaliste à l’instar de sa génitrice. Mieux encore, la fillette exprima même très clairement l’idée, assez audacieuse, qu’elle obtiendrait la même célèbre récompense que sa mère. Ekaterina exprima également sans conteste qu’elle serait prête à tous faire et à tout accepter pour arriver à ses fins, que ce soit de l’affaire la plus insignifiante à la plus dangereuse qui soit.

Ce devoir révéla, en dehors de son évident idéalisme, le premier signe de fierté et d’admiration que Ekaterina portait à sa mère défunte. Car en effet et bien qu’elle n’en avait jusqu’ici soufflé mot à qui que ce soit, la fillette voyait en sa génitrice un modèle dont elle désirait ardemment suivre les traces fin de la rendre fière par delà la frontière de la mort. Bien entendu, Ekaterina n’avait pas eu l’occasion de connaître intimement sa mère par elle-même. Mais Viktor lui en parla régulièrement, lui racontant avec une certaine forme de passion non dissimulée de quelle manière celle-ci avait débuté, par quelles épreuves, ponctuées de réussites ou bien d’échecs, elle était passé avant de finalement atteindre les sommets de sa profession… Un observateur quelque peu attentionné, aurait même pu déceler une pointe de fierté paternel dans la voix du vieux rédacteur en chef, qui considérait sans doute la mère de Ekaterina comme une fille de substitution que lui-même n’avait jamais eu l’occasion d’avoir.

Par la suite, la fillette ne fit pas mentir son incroyable talent d’écriture innée. Elle s’améliora peu à peu dans tous les domaines inhérents à ce don, sans le moindre doute hérité de sa défunte mère, augmentant par la même occasion ses notes en russe. Au fil du temps il devint évident que, même si les matières scientifiques n’étaient pas numériquement catastrophiques à la lecture des bulletins de notes successifs de Ekaterina, celle-ci avait très nettement plus de facilités dans les matières dites, sans doute de façon légèrement trop pompeuse, littéraires. Une fois sa scolarité primaire terminé, la fillette entra dans la pré adolescence et, dans le même temps, au collège. C’est à ce moment là, que les choses commencèrent réellement à changer pour Ekaterina qui allait enfin faire un premier pas en direction de son rêve.

En entrant au collège, la jeune fille eu l’heureuse surprise de constater que celui-ci possédait divers clubs, à l’instar du modèle américain et notamment un club de journalisme. Ce dernier éditait chaque semaine un simulacre de journal composé de quelques pages, relatant aussi bien les ragots de l’établissement que les nouvelles administratives ou officielles. Il contenait également les rubriques secondaires dites pratiques d’un journal et, parfois, quelques véritables articles digne de ce nom. Pourtant et contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Ekaterina n’y adhéra pas, pas dans l’immédiat en tous cas. En effet, elle considérait que cette feuille de choux scolaire ne correspondait pas à ce qu’elle désirait faire, jugeant les journalistes en herbes un peu trop frileux à son goût et, finalement, peu enclin à déplaire à la direction de l’établissement en éditant des articles sujet à controverse. Pour Ekaterina, un journal se devait d’être libre de tout diktat et influences extérieures, il se devait de dire la vérité, quelle qu’elle soit, quitte à fâcher les puissants… En l’occurrence, le proviseur et le corps enseignant. Selon elle, le journal de son collège ne correspondait pas à cette vision d’une presse idéale, allant même jusqu’à ouvertement le critiquer de bien-pensant et, parfois, lorsqu’elle était vraiment très en colère, de soumis à l’autorité dictatoriale du potentat local de l’éducation nationale.

Oui, oui… A cette époque, Ekaterina affichait déjà visiblement, et avec une véhémence certaine, les prémisses d’une personnalité rebelle qui n’était assurément pas prête à se laisser dicter quoi que ce soit, par qui que ce soit.

C’est également à cette époque, qu’elle fit la rencontre de celle qui allait devenir sa meilleure amie. Leur amitié en étonna plus d’un dans leur entourage, tant les deux adolescentes étaient fondamentalement différentes. Là ou Ekaterina était une jeune fille qui ne passait nullement inaperçue, que ce soit dans le bon ou bien le mauvais sens, Irina, quand à elle, avait une nature douce et profondément réservée. C’est d’ailleurs en prenant sa défense contre des garçons imbéciles qui s’amusaient à l’ennuyer, sachant qu’elle n’oserait pas vraiment s’opposer à eux, que Ekaterina fit sa connaissance. Cette rencontre inattendue fut un choc, littéralement, aussi bien pour les deux jeunes filles que pour les mauvais garçons qui repartirent la tête basse après avoir reçu une bonne correction en prime de la part de Ekaterina. Qu’il fut hérité de sa mère ou de son père, l’adolescente avait depuis toujours un profond sens de la justice que rien, pas même le nombre, ne pouvait faire fléchir. A partir de ce jour, l’amitié des deux adolescentes se scella aussi solidement que des fers forgés dans le plus solide des métaux connu à ce jour.

Irina Leskov était donc une jeune demoiselle sans histoire. Quelque peu gauche, quelque peu timide, elle était du genre à passer inaperçue, pour ne pas dire invisible. Elle n’avait d’ailleurs pas vraiment d’amis, hormis ceux qui s’intéressaient plus sûrement à son ascendance que à sa propre personne. En effet, Irina n’était pas la fille de n’importe qui, elle était l’héritière unique d’un très célèbre et, accessoirement, très riche homme d’affaires. Son père, était lui-même l’héritier d’une longue lignée qui avait su profiter de la découvertes de la technologie extraterrestre désormais connue de tous, afin de faire fortune en devenant l’un des acteurs majeurs de sa vulgarisation dans la société mondiale. De fait, Irina était pour la plupart des gens, de par son plus que probable succession future à la tête du conglomérat de son géniteur, celle dont il fallait absolument devenir l’ami dans le présent. Irina avait donc de très nombreuses amitiés plus ou moins sincères, bien que les langues les moins râpeuses n’hésitaient jamais à affirmer que cette rare sincérité était aussi creuse qu’une tige de bambou.

Mais en vérité, Irina ne savait pas vraiment ce que faisait son père. Elle savait qu’il était un industriel, mais cela s’arrêtait là. Dans les grandes lignes, tout au plus pouvait-elle sommairement expliquer que le groupe de ce dernier faisait de la recherche et du développement en rapport avec étrange technologie venue des étoiles. Ce qui en soit n’apprenait pas grand chose, mais il suffisait de savoir que peu d’acteurs civils avaient ce privilège à travers le monde et que ceux-ci étaient systématiquement frappé du sceau du tant controversé secret défense. Pour le reste, il suffisait de laisser travailler l’imagination prolifique des gens. En ce qui la concernait, Ekaterina se moquait bien que son amie soit riche ou pauvre, influente ou pas, l’adolescente n’avait pas vraiment un esprit calculateur. A ses yeux, Irina était une gentille fille et cela lui suffisait comme raison pour en faire son amie.

Bien que très différentes, elles devinrent donc les meilleures amies au monde et cela conduisit, presque naturellement, chacune d’entres elles à influencer de manière inconsciente l’autre. Grâce à Ekaterina, Irina gagna en confiance en soi et en affirmation de sa personnalité, jusqu’à la faire devenir quelqu’un de sur d’elle et en mesure de ne plus se faire marcher sur les pieds par tous ceux qui voyaient en elle une proie facile. En retour, Irina tempéra quelque peu Ekaterina en lui apprenant à mettre un peu d’eau dans son vin, afin de ne pas devenir par trop intransigeante dans ses convictions. C’est d’ailleurs elle, qui l’incita finalement à rejoindre le journal de leur établissement, afin de faire ce qu’elle souhaitait, même si pour cela elle devrait nécessairement faire des compromis. Selon Irina, c’était un mal pour un bien si Ekaterina voulait réellement devenir une véritable journaliste. Finalement, on pouvait dire que les deux adolescentes s’étaient plutôt bien trouvé : Si Ekaterina apportait à Irina cette force qui lui manquait tant, en retour celle-ci lui apportait une sagesse qui lui faisait malheureusement cruellement défaut.

C’est en exerçant dans ce tout premier organe de presse, aussi insignifiant fut-il, que Ekaterina opta pour le nom de plume de Emakko. Un nom à la fois étrange et mystérieux, qui allait désormais la suivre tout au long des années à venir, au point d’en devenir presque plus connu des gens que son véritable prénom. D’ailleurs, cela commença assez rapidement. Tout d’abord par amusement, car ses articles toujours à la limite de la controverse connurent un certain succès non négligeable auprès de ses camarades, ces derniers commencèrent par l’appeler Emakko dans les couloirs de l’établissement. Puis, peu à peu, d’autres leur emboîtèrent le pas. Doucement mais sûrement, Emakko prit le pas sur Ekaterina au point de finalement la reléguer au simple rang administratif de son véritable prénom. Mais cela ne dérangea nullement Ekaterina…Pardon… Emakko, bien au contraire. En fait, ce pseudonyme lui plaisait plutôt bien, au point qu’elle le garda pour travailler à temps partiel dans le journal de Viktor ou elle réussi à se faire engager comme… Comment dire… Apprentie journaliste… Bien que dans les faits, elle était plutôt une sorte de garçon de course au service des véritables membres de la presse écrite qu’elle côtoyait chaque jour après les cours. Mais l’adolescente aimait beaucoup cette tâche tellement ingrate, elle lui permettait d’apprendre le métier et ses ficelles sans vraiment s’en rendre compte et nombreux étaient ceux qui appréciaient son enthousiasme et sa volonté indéfectible de leur emboîter le pas dans le futur.

A seize ans, Emakko se vit offrir la chance d’écrire officiellement ses premiers articles dans le journal de Viktor. Bien entendu, on était loin des articles sensationnels qui paraissaient en première pages, mais cela ne la dérangea pas le moins du monde. Au contraire et avec le soutien et les conseils de ses aînés journalistes, elle trouva là l’occasion de s’améliorer plus encore fin de passer du stade de la simple amatrice à celui de jeune reporter en herbe. C’est en écrivant l’un de ces petits articles secondaires, Que Emakko découvrit un monde qui allait considérablement l’influencer. Cet article, important dans sa vie s’il en était, traitait du mouvement gothique et du rapport que la jeunesse entretenait avec ce dernier. Pour ce faire, elle avait alors plongé dans un univers assez abscons, bien souvent incompris des adultes bien-pensants. Emakko s’y fit des amis au cours de ses enquêtes et se découvrit même un attrait certain pour ce mode de vie. Cela l’influença aussi bien sur le plan physique que vestimentaire, au grand dam de certains esprits étriqués proches d’elle. Mais qu’importe, cela ne gâcha pas pour autant son talent journalistique, qui ne cessa de s’épanouir au fil de l’écriture de ses articles de seconde catégorie.

Durant deux ans, Emakko se partagea ainsi entre ses études et son travail à temps partiel au journal de Viktor. Bien que travailler pour celui-ci, qui ne lui faisait nullement de faveur en dépit de sa profonde affection envers elle, pouvait parfois se révéler assez difficile, l’adolescente savait pouvoir compter sur le soutien indéfectible de Irina qui l’encourageait sans cesse à persévérer dans son rêve lorsque parfois l’idée incongrue de tout abandonner lui traversait subitement l’esprit. A chaque fois, son amie savait trouver les mots juste, les bons arguments afin de l’aider à faire face aux réalités d’une profession qui se heurtaient quelque fois douloureusement à ses rêves légèrement idéaliste concernant ce métier, certes si intéressant, mais en même temps tellement ingrat en certaines occasions. Emakko n’en parlait jamais à quiconque, mais elle savait que si un jour elle parvenait à devenir la grande journaliste qu’elle rêvait de devenir, à l’égal de sa défunte mère, elle le devrait en grande partie à Irina qui croyait en elle comme personne d’autre au monde.

A la fin de ses études secondaires, Emakko obtint son diplôme avec brio. Elle aurait certes préféré l’obtenir avec la mention très bien comme Irina, mais elle se consola en se disant que avec brio ce n’était déjà pas si mal en fin de compte. En tous cas, c’était très nettement préférable au fait de ne pas l’obtenir, comme certains de ses camarades aux portes de l’abîme le plus profond qui soit. Plutôt que de suivre sa meilleure amie dans des études conventionnelles, Emakko préféra se diriger plus directement vers son rêve. C’est pourquoi, devant une volonté toujours aussi inébranlable depuis toutes ces années, Viktor lui proposa d’user de son influence, afin de la faire entrer dans une grande école de journalisme. Malgré l’impatience de Emakko, celui-ci s’était montré intraitable : elle devait faire des études de journalisme, si vraiment elle escomptait en faire sa profession. Selon le vétéran qu’il était, le talent seul ne suffisait pas pour devenir un véritable journaliste de renom, il fallait également une connaissance du métier que seul un véritable apprentissage savamment dosé permettait d’acquérir. Bon gré mal gré, Emakko fini cependant par céder et c’est ainsi que grâce à la recommandation de Vitkor elle pu entamer un cursus journalistique dans une école que nombre de jeunes gens convoitaient.

Les trois années suivantes Emakko étudia sans relâche afin de devenir la meilleure de sa promotion. Si elle n’y parvint pas, elle réussit tout de même à se hisser au plus près des premières places, ce qui ne la rendit pas peu fière d’elle en vérité, sachant que contrairement à certains camarades plus aisés financièrement elle partageait également son temps avec un travail à temps partiel comme un grand nombre d’étudiant. C’est avec une certaine émotion difficilement dissimulé, qu’elle vit dans le regard de son mentor un profond sentiment de fierté lorsqu’elle obtint enfin son diplôme de journaliste. Viktor avait vu sa mère débuter dans le métier et, désormais, il allait pouvoir voir Emakko faire de même. C’était un sentiment assez étrange qui avait alors traversé l’adolescente désormais devenue femme. Elle se sentait comme héritière d’une sorte de tradition familiale et dans une pensée un peu triste elle regretta que sa mère ne puisse la voir devenir ce que elle-même é »tait.

Son diplôme, mais surtout sa carte de presse en poche, Emakko entra donc officiellement dans le monde de la presse et de l’information. C’était une grande victoire pour elle, mais elle savait que ce n’était que le début. Elle devait faire ses preuves, montrer à tous que son ambition ne se limitait pas uniquement au fait de gribouiller des mots sur le papier afin de gagner sa vie. Comme avec sa mère, Vitkor lui mit le pied à l’étrier en l’engageant dans sa propre rédaction. Mais pour Emakko, cela n’était pas suffisant, elle savait qu’elle acquérrait beaucoup plus rapidement d’expérience en allant sur le terrain, à travers le monde, plutôt qu’en se limitant à son pays. Voilà pourquoi, elle se porta volontaire pour chaque reportage ayant lieu à l’étranger. Peu lui importait que ce fut dans des endroits agréables ou non, sécurisés ou dangereux, elle acceptait tout ce qui lui tombait sous la main afin de se forger aussi bien une solide expérience assez rapidement, qu’une légitimité auprès de ses confrères plus aguerris qui ne voyaient sûrement en elle qu’une jeune ambitieuse aux dents longues.. Ce qui en soit n’était pas tout à fait faux, Emakko avait vraiment des dents démesurément longues et une inextinguible soif de réussir.

Durant une année entière, elle passa quasiment les trois quart de son temps à l’étranger. Quelques jours par-ci… Quelques jours par-là… Des reportages légers, d’autres plus lourds… Certains intéressant, d’autres ennuyeux au possible… Son credo était d’une simplicité enfantine : tout ce que les autres refusaient, elle l’acceptait. Toutefois, une nouvelle obsession avait également occupée ses pensées durant cette année de voyage perpétuel à travers le globe. Depuis un an ou deux, il avait été officiellement annoncé qu’un vaisseau spatial en construction partirait en expédition dans les étoiles, grâce à la technologie extraterrestre découverte voilà plusieurs décennies de cela. La nouvelle avait fait grand bruit et quasiment tous le monde sur Terre en parlait. Beaucoup de journalistes devaient convoiter une place, sûrement très chère, à bord de l’appareil et bien entendu, du haut de sa seule année d’expérience, fut-elle accélérée par les terrains lointains, Emakko ne faisait pas exception à la règle. Il y avait beaucoup d’appelés donc, pour très, très, très peu d’élus. En effet, si il avait été annoncé que la presse serait accepté à bord afin de relater la quête sans précédent de l’humanité, il avait aussi été précisé qu’il n’y aurait que quelques journaliste de sélectionné à travers le monde. Il s’agissait d’une expédition à la fois militaire et scientifique après tout, pas d’un voyage d’agrément. Dans cette optique, accepter des journalistes c’était un peu comme accepter des touristes à bord.

Emakko était peut-être jeune, mais elle n’était pas dupe. Elle avait parfaitement compris que si on avait accepté d’accueillir des journaliste à bord du vaisseau spatial, c’était avant toute chose afin de justifier les sommes démentielles que l’engin avait du coûter aux contribuables, aux yeux du peuple… Politique, quand tu nous tiens…Mais Emakko devait bien l’admettre, faire participer les gens par procuration grâce à un groupe de membres de la presse de toutes les nationalités, c’était plutôt astucieux. Quoi qu’il en soit, l’aventure était belle, digne héritière de la conquête spatiale ou l’homme avait surpris l’univers lui-même en posant le pied sur un autre astre que le sien en dépit d’une technologie que, aujourd’hui, tous le monde savait avoir été plus artisanale que réellement technique.

Emakko était jeune et elle savait que c’était également là un très gros handicap pour elle. En effet, pour une chose d’aussi grande importance la première réaction des décideurs serait certainement d’envoyer leurs meilleurs éléments, des journalistes confirmés et ayant déjà plusieurs années d’expérience derrière eux. Dans les faits, la jeune femme savait donc n’avoir aucune chance d’être choisi pour intégrer l’Arche, le fameux vaisseau spatial en partance vers l’inconnu sidéral. C’était une absurdité selon Emakko, car d’après elle cette toute nouvelle aventure humaine se devait d’être accompli par la nouvelle génération… Avec certes le soutien de l’ancienne, mais le voyage de l’Arche devait préfigurer le futur et non pas le passé. Un point de vue qui pouvait sans doute paraître très légèrement partial, mais en tous cas elle y croyait dur comme fer.

Lorsque les rumeurs concernant les premières sélections de membres de la presse étaient devenus plus ou moins officielles, Emakko n’avait pas hésité un seul instant. Elle avait foncé en direction du bureau de son rédacteur en chef et avait très clairement dit à Viktor qu’elle voulait être sélectionnée afin de rejoindre le contingent de journalistes autorisés à participer à ce grand voyage sans précédent. Comme elle s’en était douté, la réponse de son mentor fut clairement négative. De lui-même il aurait très volontiers accepté la demande de la jeune femme, mais s’il dirigeait son journal en maître incontesté, il avait lui-même des supérieurs qui avaient eux-même des supérieurs… Au-delà, on entrait dans le jeu des accointances et des ‘’arrangements entre amis’’, pour ne pas dire plus. Cependant, Vitkor lui promis de faire part de son envie à qui de droit, mais il lui précisa également de ne pas se faire trop  d’illusions sur un éventuel retour positif. Pour ce genre d’évènements sans précédent, les plus anciens allaient sans le moindre doute faire jouer le maximum de leurs contact afin d’être choisi.

Bien qu’elle le savait, Emakko ne pu s’empêcher de quitter le bureau de Viktor avec un air à la fois dépité et contrarié sur son visage de porcelaine. Ce qui la faisait le plus enragé, était qu’elle savait parfaitement ne rien pouvoir faire de plus. Comme souvent dans ces cas-là, Emakko en parla avec sa meilleure amie, Irina. Celle-ci devenue également une jeune femme, travaillait désormais auprès de son père au sein de l’affaire familiale. Même si leurs différentes carrières les empêchaient de se voir aussi souvent qu’elles l’auraient souhaité, les deux jeunes femmes se faisaient plus ou moins régulièrement des soirées entres filles. Plutôt casanière, Irina était captivée par le récits des voyages de Emakko, ainsi que par sa passion et sa fougue contenue dans chacune de ses phrases. Quelque part, on pouvait dire qu’elle l’enviait de cette soif d’aventure et de découverte, que elle-même ne possédait pas. En écoutant son amie maugréer sur son sort de journaliste trop débutante pour prétendre à la plus belle aventure de l’humanité, Irina compatis sincèrement à son malheur. Elle l’écouta toute la soirée maudire l’archaïsme du système en place, l’amorphe d’une classe hiérarchique basé sur l’ancienneté et les divers accointances possible et imaginable, les services pour les rendus… En résumé, tout y passa au cours de cette soirée, tandis que les verres d’alcool défilaient doucement mais sûrement. Puis, lorsque l’alcool eu vaincu les deux jeunes femmes, la soirée se termina dans un endormissement aussi inattendu que sournoisement  progressif.

Après s’être plus ou moins, moins que plus en réalité, résignée au fait de ne pas embarquer sur l’Arche et de dire adieu à ce qui aurait pu être selon elle un excellent tremplin pour sa future carrière de grande journaliste, Emakko reprit donc sa petite vie de globe-trotters en quête d’informations aussi diverses que variées. Quinze jours avant le départ de l’Arche, la jeune femme reçu un coup de téléphone de la part de Viktor, lui demandant de rentrer immédiatement en Russie en abandonnant son reportage en cours. Lorsqu’elle lui en demanda la raison, son mentor lui appris une nouvelle tellement stupéfiante que Emakko ne pu s’empêcher de la lui faire répéter une seconde fois : Elle avait été sélectionnée pour embarquer à bord de l’Arche. Tout d’abord sans voix, la jeune femme demanda finalement si ce n’était pas une plaisanterie, ce à quoi Viktor lui répondit par la négative tout en lui ordonnant de se presser de revenir afin de préparer son voyage car, quinze jours, c’était vraiment peu pour ce genre de grands préparatif… Une heure plus tard, Emakko était dans un avion en route pour son patrie natale.

Encore sous le choc de cette nouvelle inespérée, Emakko dû pourtant s’en remettre très rapidement car deux semaines cela passait extrêmement vite lorsqu’il y avait beaucoup à faire. Outre ses préparatifs personnels, il y avait également ses préparatifs professionnels car, quoi que l’on pouvait en penser, elle ne partait pas en tant que touriste mais en tant que véritable journaliste digne de ce nom. Ce fut donc réunion de travail sur réunion de travail durant deux semaines, chacune d’entres elles amenant à chaque fois, soit les objectifs à atteindre, soit leurs affinements afin de s’envoler vers l’espace le mieux préparé possible… Après tout, une fois en vol il ne serait plus possible de modifier quoi que ce soit… Une fois en vol, elle serait seule aux commande de son matériel et de ses reportages.

Bien entendu, Emakko ne manqua pas d’informer Irina de son incroyable coup de chance et cette dernière la félicita chaleureusement en lui souhaitant bonne chance et courage pour ce périlleux périple dans lequel elle allait s’engager. Mais ce que la jeune femme n’avoua pas à son amie, c’était qu’elle était intervenue auprès de son père, afin qu’il puisse s’arranger pour faire accepter Emakko dans le groupe restreint de journalistes autorisés à voyager à bord de l’Arche. Même si cela n’avait pas été une chose aisée, le père de Irina ne savait rien refuser à sa précieuse petite fille adorée. Irina savait que Emakko n’aurait jamais acceptée de partir, si jamais elle avait su que son départ avait été obtenu, non pas par son propre talent dont elle ne doutait pas un seul instant, mais par un de ces moyens de clientélisme qu’elle abhorrait tant. Il s’agissait certes d’un mensonge, mais pour faire plaisir à sa meilleure amie Irina savait pouvoir vivre avec cette légère tromperie sans méchanceté.

La veille de son embarquement sur l’Arche, Irina fit un cadeau à Emakko… Et quel cadeau ma foi… Un matériel d’enquête et d’investigation flambant neuf, doté des toutes dernières technologie sortie sur le marché. Un matériel de pointe, pour une journaliste de pointe, lui avait-elle alors dit dans un clin d’œil des plus malicieux. Folle de joie mais ne sachant trop que dire, Emakko se contenta alors de prendre son amie dans ses bras et de la serrer très fort contre elle tout en lui glissant un ‘’merci’’ aussi bref que discret et chaleureux. Afin de détendre un peu une atmosphère chargé d’une émotion lourde, Irina justifia son cadeau d’un air amusé en disant que c’était également une sorte de publicité à moindre coût, puisque après tout c’était son père qui produisait ce matériel, ce qui fit éclater de rire les deux jeunes femmes amusés.

Enfin, ce fut le jour du départ vers l’infini, comme se plaisait à dire Emakko en digne aventurière de l’information qu’elle était devenue.  Irina était resté à ses côtés jusqu’à la limite autorisé aux visiteurs, de l’embarquement, afin de faire un dernier au revoir à sa meilleure amie qu’elle n’allait plus revoir avant un certain temps. Le temps d’un ultime câlin amicale et puis ce fut le signal de l’embarquement. Emakko se dirigea donc en direction de la piste d’envol ou reposait paisiblement l’Arche, le pas aussi ferme que décidé. En jetant un coup d’œil sur les autres journalistes présent dans son champ de vision, la jeune femme constata rapidement qu’elle était vraiment plus jeune que tous les autres. La plupart avaient déjà dans la quarantaine, pour ne pas dire plus et les moins âgés ne devaient pas descendre en dessous de la trentaine bien passé. Mais peu lui importait, elle ne comptait pas se laisser marcher sur les pieds par ces vétérans de l’information et elle comptait bien leur faire savoir des que l’occasion se présenterait à elle, foi de Emakko Severnaya !


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Âge: 28 ans.
Métier: Empereur de Talrëa.
Disponibilité pour RP: Disponible o/
Message(#) Sujet: Re: Emakko Severnaya Mer 25 Sep - 22:15

Hello ^^

L'avatar ayant été ajouté, et tout étant conforme, j'ai le plaisir de t'annoncer ceci miss :

FICHE VALIDÉE
"C'est partit pour le Grand Voyage ! Découvrons Sorëan et l'Arche tous ensemble !"

Félicitation !
Ton personnage est validé, nous te souhaitons bienvenue sur L'Arche de Sorëan et espérons que tu t’amuseras bien parmi nous !

Afin de commencer à jouer sur de bonnes bases, nous t'invitons à aller recenser ton avatar afin d’éviter de potentiels conflits quant aux images/personnages pour les nouveaux arrivants.

De plus, sache que tu peux aussi réaliser une fiche de suivi RP/Relations ! Pour ce faire, il te suffit de te rendre dans ce forum-ci. Sache que le modèle proposer de codage n'est pas obligatoire, si tu veux faire autrement : tu peux -_^

Pour te lancer en rp, tu peux consulter ou faire ta propre demande de rp dans le forum mit à ta disposition pour cela !
Tu pourras aussi y faire verrouiller tes topics clos, et trouver le code nécessaire si tu désires proposer des prédéfinis à l'administration.

N'hésite pas à contacter le Staff par MP si tu as un problème ou une question.


Le staff te souhaite la bienvenue!



Bon jeu parmi nous ! \o/
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